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Guide · 9 min de lecture

Mandat de facturation : rôle et fonctionnement

Dès qu'une autre personne que vous établit vos factures — votre client, votre expert-comptable, un prestataire, une autre société de votre groupe —, un mandat de facturation est nécessaire. Sans lui, ou avec un mandat mal conçu, c'est vous qui en supportez les conséquences, puisque vous restez responsable de vos factures. Ce guide explique son rôle, son fonctionnement et la place qu'il prend avec la facturation électronique.

Pour : Dirigeants et professionnels qui font facturer, ou facturent, pour le compte d'autruiMis à jour le

Qu'est-ce qu'un mandat de facturation ?

Le mandat de facturation est l'accord par lequel une entreprise assujettie à la TVA, le mandant, autorise un tiers, le mandataire, à établir matériellement ses factures en son nom et pour son compte. Le mandataire tient la plume ; le mandant reste l'émetteur. La facture porte donc l'identité du mandant, son numéro de TVA, et s'inscrit dans sa propre numérotation.

Deux situations relèvent de ce mécanisme, avec des enjeux un peu différents.

Auto-facturation et facturation par un tiers
Auto-facturationFacturation par un tiers
Qui établit la factureLe client, pour les biens ou les services qu'il achèteUn tiers : expert-comptable, prestataire de facturation, assistant administratif, autre société du groupe
Au nom de quiDu fournisseur, qui est le mandantDe l'entreprise qui vend, qui est le mandant
Situation typeLe client connaît mieux que le fournisseur les quantités livrées ou les prestations réaliséesL'entreprise délègue tout ou partie de sa gestion administrative
Point de vigilanceLe fournisseur doit contrôler et accepter des factures préparées par son propre clientLe mandant doit organiser le contrôle et l'acceptation des factures préparées par son prestataire

Le mandat ne transfère ni l'activité ni les obligations : le mandataire ne vend rien et n'apparaît pas comme vendeur, tandis que le mandant reste responsable de ses factures et de la TVA qu'elles portent.

Ce que prévoient les textes

Le mécanisme repose sur l'article 289, I-2 du code général des impôts, commenté par l'administration fiscale au BOFiP sous la référence BOI-TVA-DECLA-30-20-10-30. Les règles essentielles tiennent en quelques points :

  • Un mandat préalable : il doit être conclu avant l'émission de la première facture concernée.
  • Aucun formalisme imposé : le mandat peut être écrit ou tacite, mais les parties doivent pouvoir en prouver l'existence à l'administration. L'écrit est donc vivement recommandé.
  • Une responsabilité qui reste au mandant : il demeure tenu de ses obligations de facturation et de leurs conséquences en matière de TVA.
  • Une acceptation des factures : chaque facture émise au nom du mandant doit être acceptée par lui, selon une procédure que les parties fixent librement.
  • Une sous-traitance encadrée : le mandataire peut confier l'émission à un sous-traitant si le mandant en est informé et l'accepte, et si les conditions restent celles du mandat.

Lorsque le mandataire est établi hors de l'Union européenne, des règles particulières s'ajoutent : ce cas mérite un examen spécifique.

Qui peut être mandataire ?

Les textes ne réservent l'émission de factures pour autrui à aucune profession. Peuvent notamment être mandataires :

  • le client lui-même, dans le cas de l'auto-facturation ;
  • un expert-comptable, lorsque sa lettre de mission inclut la facturation ;
  • un prestataire de facturation externalisée ou un assistant administratif indépendant ;
  • une autre société du même groupe, par exemple une structure qui centralise les fonctions administratives.

La limite tient au périmètre, pas à l'émission elle-même. Émettre des factures sous mandat, suivre les paiements, relancer et classer sont ouverts à tous ; la tenue, la centralisation, l'arrêté et la révision des comptes de tiers restent réservés aux experts-comptables inscrits à l'Ordre et aux structures que l'ordonnance n° 45-2138 du 19 septembre 1945 habilite, comme les associations de gestion et de comptabilité. Un mandataire qui n'est pas expert-comptable émet donc vos factures, mais ne tient pas votre comptabilité. Pour comparer les profils, consultez le guide choisir un prestataire de facturation.

Que mettre dans un mandat écrit ?

Puisque la loi n'impose aucune forme, c'est le mandat lui-même qui doit apporter la preuve et fixer les règles du jeu. Un mandat écrit complet comporte au moins :

  • L'identification des parties : dénomination, SIREN, adresse, numéro de TVA et représentant habilité de chacune.
  • L'objet et le périmètre : factures, avoirs et factures rectificatives concernés, activités, clients ou canaux de vente couverts.
  • La date d'effet, antérieure à la première facture émise sous mandat.
  • La procédure d'acceptation des factures : expresse ou tacite, délai de contestation, interlocuteur désigné.
  • La numérotation : la séquence du mandant, chronologique et continue, et la façon dont le mandataire l'utilise.
  • L'envoi et la conservation : canal de transmission aux clients, plateforme utilisée, lieu et durée d'archivage, accès du mandant.
  • La sous-traitance : exclue, ou autorisée sous conditions, avec l'obligation d'informer le mandant du nom et de l'adresse du sous-traitant.
  • La durée, la révocation et la sortie : préavis, sort des factures en cours, restitution des données.
  • La confidentialité et la sécurité des données confiées.
  • La date et la signature des deux parties, par un moyen qui permet de les identifier.

Acceptation des factures et responsabilité du mandant

Signer un mandat ne vaut pas acceptation de toutes les factures à venir. Chaque facture émise au nom du mandant doit être acceptée par lui ; le mandat écrit ne dispense pas de cette étape, il en organise seulement les modalités. Les parties choisissent librement la procédure :

  • Acceptation expresse : le mandant valide chaque facture, ou chaque lot de factures, avant ou après son envoi.
  • Acceptation tacite : la facture est réputée acceptée faute de contestation dans un délai fixé par le contrat, à compter de sa mise à disposition.
  • Formule mixte : validation expresse pour les factures inhabituelles (montant élevé, nouveau client, avoir), acceptation tacite pour les factures récurrentes.

Quelle que soit la formule, gardez la trace de la mise à disposition et de la validation, ou de l'absence de contestation : c'est elle qui montre, en cas de contrôle, que la procédure a réellement fonctionné.

Durée, révocation et sous-traitance

La durée. Le mandat peut être conclu pour une durée déterminée ou indéterminée, avec ou sans reconduction. Pour une relation suivie, une durée indéterminée assortie d'un préavis est souvent la formule la plus simple.

La révocation. Le mandant doit pouvoir retirer son mandat. Prévoyez la forme de la révocation, son délai d'effet, le traitement des factures en cours de préparation et la restitution des documents et des données. Les factures déjà émises restent celles du mandant : il doit en conserver l'accès.

La sous-traitance. Un mandataire peut confier l'émission matérielle à un sous-traitant, à deux conditions : le mandant en est informé et l'accepte, en connaissant le nom et l'adresse du sous-traitant, et celui-ci intervient dans les mêmes conditions que celles du mandat. Un mandat muet sur ce point laisse entrer des intervenants que vous ne connaissez pas.

Le mandat à l'heure de la facturation électronique

La réforme change la place du mandat. Depuis le 1er septembre 2026, toute entreprise assujettie à la TVA doit pouvoir recevoir ses factures électroniques par une Plateforme Agréée ; les PME, les TPE et les micro-entreprises devront aussi les émettre sous cette forme à partir du 1er septembre 2027 (voir le calendrier de la réforme). Chaque facture transite alors par une plateforme immatriculée par l'administration fiscale, qui doit pouvoir vérifier qui émet au nom de qui. Le mandat n'est plus un papier rangé dans un classeur : c'est une pièce à produire rapidement, rattachée à chaque entreprise mandante.

Ne confondez pas deux documents. Le mandat de facturation autorise l'émission des factures en votre nom. Un mandat dédié au raccordement peut, de son côté, permettre à votre expert-comptable d'accomplir certaines démarches de raccordement à votre plateforme. Dans l'annuaire central, qui indique la plateforme recevant les factures de chaque entreprise, c'est la plateforme choisie qui inscrit l'entreprise, avec son accord. Pour en savoir plus : le rôle des Plateformes Agréées.

Avec l'offre Cabinet de SHAU Factur, un professionnel gère plusieurs entreprises depuis un seul compte. Chacune garde sa numérotation, son identité sur les documents — le cabinet n'apparaît pas comme émetteur —, ses archives scellées et ses exports. Les mandats de facturation sont préparés dans l'application et signés en ligne par le dirigeant mandant ; le PDF signé est scellé par une empreinte SHA-256 et le mandat reste révocable. Le cabinet peut aussi ouvrir à chaque entreprise un espace en lecture seule pour consulter les factures émises en son nom, et lui demander de valider chaque facture avant son émission : l'acceptation expresse, tracée.

Les erreurs fréquentes

  • Signer le mandat après coup. Un mandat conclu après les premières factures ne couvre pas celles-ci : il doit être préalable.
  • Se contenter d'un accord oral. Il n'est pas exclu par les textes, mais il est difficile à prouver le jour d'un contrôle.
  • Oublier l'acceptation. Aucune procédure d'acceptation n'est prévue, ou personne ne la suit en pratique.
  • Émettre sous la mauvaise identité. Des factures au nom du mandataire, ou dans sa propre numérotation, au lieu de celles du mandant.
  • Mélanger les entreprises. Plusieurs mandants gérés sans séparer strictement leurs numérotations et leurs archives.
  • Laisser le périmètre flou. Des avoirs, des factures rectificatives ou une nouvelle activité facturés sans être couverts par le mandat.
  • Ignorer la sous-traitance. Un intervenant inconnu du mandant prépare les factures.
  • Ne pas tenir le mandat à jour. Un changement de dirigeant ou de dénomination sans actualisation, une révocation sans plan de restitution.
  • Confondre les rôles. Croire que le mandat de facturation autorise à tenir la comptabilité, ou qu'il vaut mandat de raccordement auprès de la plateforme.

Questions fréquentes

Un mandat de facturation peut-il couvrir des factures déjà émises ?

Non. Le mandat doit être préalable : il est conclu avant la première facture qu'il couvre. Si des factures ont été établies par un tiers sans mandat, régularisez pour l'avenir sans antidater le document et faites examiner le passé par votre expert-comptable ou votre avocat.

Le mandat de facturation permet-il au mandataire d'encaisser mes paiements ?

Pas en lui-même : il porte sur l'établissement des factures. Le suivi des paiements et les relances peuvent être prévus dans le même contrat. L'encaissement de sommes pour votre compte est une autre question, qui obéit à ses propres règles : faites-la examiner par un conseil avant de l'organiser.

Que deviennent les factures émises quand je révoque le mandat ?

Elles restent vos factures : la révocation vaut pour l'avenir. Vous devez en conserver l'accès et les archives, d'où l'intérêt d'une clause de restitution dans le mandat. Les avoirs ou corrections qui les concernent seront ensuite émis par vous-même, ou par un nouveau mandataire sous un nouveau mandat.

Le mandat de facturation remplace-t-il la lettre de mission de l'expert-comptable ?

Non, ils n'ont pas le même objet. La lettre de mission décrit les missions confiées au cabinet et leurs conditions ; le mandat de facturation autorise l'émission de factures en votre nom. Les deux peuvent figurer dans un même ensemble contractuel, à condition que l'autorisation d'émettre en votre nom y apparaisse clairement et qu'elle précède la première facture.

Une signature électronique suffit-elle pour un mandat de facturation ?

Les textes n'imposent aucune forme : ce qui compte, c'est de pouvoir prouver l'existence du mandat, son contenu et sa date. Une signature électronique qui identifie le signataire, conservée avec un document scellé, répond bien à cet objectif, et rend le mandat facile à retrouver et à produire.

Facturez pour vos clients dans un cadre clair

Mandats préparés dans l'application et signés en ligne, une numérotation et une identité propres à chaque entreprise, un espace en lecture seule pour chaque mandant : l'offre Cabinet organise la facturation pour le compte d'autrui.

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